La réduction des pesticides au sein de ma commune : Objectif Zéro Phyto

Un milieu pollué
La qualité de l’eau au sein du bassin versant des Gardons dont fait partie la commune est affectée par de multiples rejets, dont les produits phytosanitaires (pesticides) employés par les professionnels et les particuliers. Tant les eaux de surface que les eaux souterraines sont impactées par les pratiques humaines. Notre bassin versant a été identifié comme territoire prioritaire pour l’alimentation en eau potable. C’est pourquoi il est primordial de diminuer l’emploi des produits phytosanitaires, afin de conserver une bonne qualité d’eau et éviter ainsi des pollutions impactantes pour la santé.

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De mauvaises pratiques
Dans les analyses de nos cours d’eau, les produits phytosanitaires sont fréquemment retrouvés. On retrouve également des molécules interdites depuis plusieurs années. Les pesticides sont utilisés à 90% par les agriculteurs, mais ceux-ci sont formés à leur utilisation. On considère que 30% de la pollution par les produits phytosanitaires provient des jardiniers amateurs et des gestionnaires d’espaces privés ou des communes. Ces personnes employant des produits chimiques sont moins formées à leur utilisation et les appliquent sur des surfaces parfois imperméables. Leur transfert vers les cours d’eau de surface ou souterrain est alors facilité, alors que les molécules chimiques n’ont pas eu le temps de se dégrader. Les surdosages sont également fréquents : matériel non étalonné, doses maximales non respectées, etc.

Un nouvel outil
C’est pourquoi la commune a recours à un changement de ses pratiques grâce au PAPPH : Plan d’Amélioration des Pratiques Phytosanitaires et Horticoles. Ce plan a pour but la diminution ou l’arrêt de la consommation de produits phytosanitaires sur la voirie et les espaces verts de la commune : cimetière, stade, aire de loisirs etc. Un profond remaniement des pratiques à lieu : des espaces autrefois désherbés chimiquement se végétalisent, le matériel change et les espaces se modifient. L’efficacité du désherbage alternatif (désherbage mécanique, thermique, manuel) ne pourra jamais atteindre le niveau du désherbage chimique, c’est pourquoi la pression de désherbage diminue légèrement et que certains espaces sont repensés afin d’économiser du temps de travail pour les agents.
Le deuxième objectif du PAPPH est de montrer aux habitants que les produits chimiques ne sont pas la seule solution pour l’entretien des espaces verts. De nombreuses solutions existent, adaptées aux besoins et aux envies de chacun : paillage, plantes couvre-sol, végétation locale et adaptée à l’environnement, compostage, favorisation des auxiliaires de cultures pour éviter les maladies et les ravageurs etc.

Un nouveau regard
Tolérer la flore naturelle en ville c’est favoriser la biodiversité et accepter un environnement plus sain pour tout le monde. De plus, de nombreuses espèces spontanées sont utiles : le pissenlit peut être transformé en confiture, les orties en purin et les espèces qui fleurissent dès mi-janvier (euphorbe, petit chêne …) vont nourrir les premiers insectes butineurs dont les larves margeront les premiers pucerons. La nature est tout de même bien faite !