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Les oratoires

Tout le long du chemin des Roys, entre Nans les pins et le sommet de la Sainte Baume, se trouve une série d' oratoires dont l'édification avait été commanditée par Mgr Ferrier, archevêque d'Arles, à la suite du premier passage de François 1er et du pèlerinage qu'il fit lui-même en 1516.

Les oratoires étaient initialement au nombre de sept (nombre symbolique) mais seuls les trois premiers figurent au patrimoine de la commune de Nans.

Des deux premiers oratoires, il ne subsiste que le pilier.

Ce qui impressionne, à première vue, c'est leur taille (de 3 m à 4 m 50 au dessus du sol) ensuite leur ornementation et leurs proportions. A l'intérieur de la niche se trouvaient des bas-reliefs représentant les principaux épisodes de la vie de Sainte Marie-Madeleine. Les originaux ayant disparu, ils ont été remplacés par des copies plus modernes, réalisées par le sculpteur Olivier Pettit de Flayosc. Les scènes figurées sont les suivantes:

  • 1- Marie-Madeleine délivrée des sept démons,

  • 2- Marie-Madeleine aux pieds du Seigneur chez Simon le Pharisien,

  • 3- Marie-Madeleine écoutant Jésus, assise à ses pieds, chez sa sœur Marthe à Béthanie.
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Oratoire 3 dit de "Miette"

Le premier oratoire se trouve au début de la forêt communale de Nans les Pins, dans un virage, au dessus du vallon des Aumèdes. Il n'en reste que le pilier qui a été restauré en 2009, comme l'ensemble des oratoires, par M. Manuel Paoli, compagnon du Devoir, à la demande des communes de Nans les Pins et de Plan d'Aups Sainte Baume. On peut y voir, comme sur les autres, des gravures en forme de fer à cheval faites, en guise d'ex-votos,  par des compagnons à l'occasion de leur pèlerinage.


Oratoire 1

Le deuxième oratoire est situé plus haut, dans un lacet du chemin et visible de loin dans les deux sens. Il n'en subsistait que quelques vestiges et il aurait assurément été perdu si la municipalité de Nans les Pins, grâce à l'action de Pierre Meissel, n'avait décidé, en 1994, de rassembler et de sceller à la chaux les pierres éparses, avec l'assentiment des Amis des Oratoires. C'est ce qui a permis ensuite de retrouver le socle et de reconstituer le pilier, identique à celui du premier oratoire.


Oratoire 2

Après avoir traversé la route départementale et gravi la dernière côte avant le plateau du Plan d'Aups, on arrive au troisième oratoire dit « de Miette » à cause de l'histoire qui s'y rattache d'une jeune fille qui aurait échappé miraculeusement au massacre de sa tante et de son oncle, gardien de la grotte, en se cachant derrière l'édifice. Cela se passait en 1851 (Cf. l'encart « la véritable histoire de Miette »). La situation de cet oratoire n'est pas fortuite. On y arrive après une montée longue et pénible et c'est de là, à 700 m d'altitude, que pour la première fois depuis le village de Nans les Pins on redécouvre enfin la grotte de la Sainte baume et le Saint Pilon. C'est un endroit particulièrement propice au repos et à la prière. Il marque également la limite entre les communes de Nans les Pins (sur laquelle il se trouve) et du Plan d'Aups, ainsi que le début de la forêt domaniale.

Incontestablement, ce troisième oratoire est le plus harmonieux et le plus richement décoré de la série. La niche, qui possède une voûte en ogives, est surmontée par une arcade surbaissée et une corniche sculptée que supportent deux pilastres ornés de corbeilles de fleurs. Ces dernières  rappellent que Marie-Madeleine fut le premier témoin de la résurrection du Christ, au Saint Sépulcre, et qu'elle le prit tout d'abord pour un jardinier (Jean, 20-10). Le fronton, comme l'étaient ceux des autres oratoires, est décoré du blason de l'archevêque (sur lequel figure la fleur de lys d'or que lui avait remise Louis XII en reconnaissance de ses services).

Au dessus de ces armes, on pouvait lire autrefois l'inscription suivante, gravée en lettres majuscules :

« JOANNES FERRERIUSARCHIEPISCOPUS ARELATENSIS HOC MONUMENTUM ERIGI CURAVIT - MDXVI »
(Jean Ferrier, archevêque d'Arles, a fait ériger ce monument - 1516).

Sur un croquis réalisé en 1951 par l'infatigable randonneur nansais Maurice Bourgogne, on voit que l'oratoire, inscrit aux Monuments Historiques depuis le 3 juin 1938, était alors en piteux état. Il a été restauré une première fois en 1964 par les Amis des Oratoires. Le bas-relief et la grille qui le protège ont été installés et bénis en 1978.

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